Près de 1 000 signaux analysés · 522 offres d’emploi · 258 actualités · 121 appels d’offres · 91 publications légales

En septembre 2026, BizNC a analysé près de 1 000 signaux économiques publiés en Nouvelle-Calédonie : 522 offres d’emploi, 258 actualités, 121 appels d’offres et 91 publications légales.

Août avait posé la question du financement. Septembre y apporte une première réponse, négociée à Paris : l’État couvrira l’essentiel des besoins de 2027, et un contrat financier pluriannuel doit être signé d’ici la fin de l’année. Sur le terrain, le mois se lit comme une préparation de l’année suivante : les collectivités renouvellent leurs contrats de service, et le tourisme reçoit un plan jusqu’en 2030.

Dans le même temps, deux fragilités se précisent. Le nickel perd le seul candidat à la reprise de l’usine du Sud. Et le commerce apparaît des deux côtés du tableau : il recrute presque deux fois plus qu’en août, et reste le premier secteur en procédure collective.

Un mot sur la méthode : les données analysées proviennent des sources professionnelles, institutionnelles et médiatiques indexées par BizNC. Les chiffres d’emploi sont ceux du Baromètre emploi BizNC, après dédoublonnage des offres. Les appels d’offres recensés concernent principalement la commande publique : ils représentent les opportunités visibles, et non l’ensemble de l’activité économique calédonienne.

L’État couvre 2027, les comptes calédoniens sont régularisés

Le mois s’est ouvert sur le retour de la délégation transpartisane partie à Paris fin août. Le 3 septembre, le gouvernement national a annoncé une aide pouvant aller jusqu’à 460 millions d’euros, soit environ 55 milliards de francs CFP, pour 2027. S’y ajoutent 11 millions d’euros pour finir 2026 et 50 millions d’euros pour commencer 2027. La présidente du Congrès, Virginie Ruffenach, a estimé que la proposition couvrait « grosso modo 90 % » des demandes. Un nouveau contrat financier 2027-2031 doit être conclu entre l’État et la Nouvelle-Calédonie d’ici la fin de l’année.

Le 22 septembre, le président du gouvernement Milakulo Tukumuli a précisé que la Nouvelle-Calédonie s’apprêtait à recevoir près de 21 milliards de francs de l’État, entre la dernière tranche du prêt garanti et la subvention prévue en 2026.

Côté comptes, le Congrès a adopté le 18 septembre un budget supplémentaire « purement technique ». Il neutralise un excédent artificiel de 23 milliards de francs, issu des avances de trésorerie de l’État, et permet de valider le compte administratif 2025. Une mission de l’Inspection générale des finances a par ailleurs séjourné sur le territoire du 7 au 11 septembre pour diagnostiquer le système fiscal, en vue d’une réforme.

Le cadrage macroéconomique est venu de l’ISEE le 11 septembre : en 2025, le PIB rebondit très légèrement en volume (+0,7 %), mais recule de 3,0 % en valeur, à 915 milliards de francs CFP. Après le choc de 2024, la reprise est donc réelle, mais très fragile.

L’emploi progresse de 11 %, et le commerce double ses offres

Avec 522 offres détectées, septembre progresse de 11 % par rapport à août (471 offres). C’est le deuxième mois de hausse consécutif, même si le volume reste loin du pic de juin (735 offres).

L’employeur est identifiable sur 208 de ces offres, soit 40 % du mois. Sur ce sous-ensemble, la répartition reste nettement publique : 25 organismes publics ont publié 137 offres, contre 48 offres pour 38 entreprises privées. L’OPT est le premier employeur du mois avec 25 offres, devant le CHT (20), la province Nord (18) et la province Sud (17).

La Santé & social reste le premier secteur recruteur avec 119 offres, soit 23 % du mois, suivie de l’Administration & RH (85 offres, 16 %). Le changement tient à la troisième place : le Commerce & distribution passe de 34 offres en août à 63 en septembre, et l’Hôtellerie & restauration entre dans les cinq premiers secteurs avec 42 offres.

Les métiers suivent le même mouvement. Les trois premiers intitulés du mois sont infirmier (25 offres), comptable (18) et vendeur (17). À l’inverse, médecin, premier intitulé d’août avec 27 offres, sort des dix premiers.

Le marché du travail de septembre reste donc porté par les institutions. Mais après deux mois de repli (39 offres en juillet, 34 en août), le commerce retrouve un niveau proche de celui de juin (72 offres), et la restauration revient dans les recrutements.

Commande publique : la saison des renouvellements

121 appels d’offres ont été recensés en septembre, contre 92 en août. Une partie de cette hausse tient à la collecte : la province Sud publie aussi ses consultations sur son propre site, et une quinzaine d’entre elles apparaissent deux fois. Une fois ces doublons retirés, on compte environ 104 consultations distinctes, contre 87 en août : la hausse réelle est proche de 20 %.

Le BTP et les infrastructures restent majoritaires (59 % des avis, contre 62 % en août). Mais la nature des marchés change. En août, la commande publique lançait de grands ouvrages. En septembre, près de trois consultations sur dix portent sur des services récurrents, contre une sur dix en août : entretien ménager, espaces verts, restauration scolaire, transport scolaire, collecte des ordures ménagères 2027-2031, assurances de flotte, carburants de l’OPT en 33 lots, exploitation de l’aérogare de Moué à l’île des Pins. Les collectivités préparent leurs contrats pour 2027.

Les travaux ne disparaissent pas pour autant. La rénovation lourde de l’Arène du Sud à Païta (traitement de la corrosion, sols sportifs, photovoltaïque), la réparation des ouvrages d’art de la RT3 sur la côte Est, les routes des tribus, le pont de Godu, le centre d’incendie et de secours de Lifou et une série de lots au lycée Augustin-Ty de Touho composent l’essentiel du carnet.

Le mois a aussi été celui des attributions. BizNC a relevé 47 avis d’attribution, concentrés sur deux marchés. La rénovation globale du collège de Boulari et l’aménagement d’un internat d’excellence ont été attribués le 14 septembre en 16 lots, pour environ 839 millions de francs TTC. L’entretien des locaux de l’OPT a été réparti en 29 lots entre cinq entreprises de nettoyage, pour environ 63 millions de francs HT par an.

Procédures collectives : le commerce toujours en tête

Les 91 publications légales de septembre comptent 71 procédures collectives : 53 liquidations judiciaires, 12 redressements et 6 procédures de sauvegarde. C’est nettement moins qu’en août, où plus de 200 procédures avaient été publiées. La prudence s’impose toutefois : ces annonces paraissent par lots, dont l’essentiel est tombé les 16 et 23 septembre, et un mois plus calme ne signifie pas une amélioration.

Précision de périmètre : BizNC suit les annonces de procédures collectives et les modifications statutaires. Les créations d’entreprises ne sont pas collectées. Ce volume mesure donc les sorties et les difficultés, et ne dit rien du solde entre créations et disparitions.

La hiérarchie des secteurs, elle, ne change pas. Sur les procédures dont le secteur est identifié, le commerce et la distribution en représentent 35 %, loin devant la maintenance et les services techniques (14 %), l’agriculture et la mer (10 %), la logistique et le transport (10 %) et le BTP (9 %). Au moins 14 de ces 71 procédures fixent la cessation des paiements en 2025 ou avant : leur publication régularise souvent des défaillances anciennes.

Le commerce, des deux côtés du tableau

Le commerce est le secteur qui résume le mieux le mois. Il est le troisième recruteur et le premier secteur en procédure collective.

Le 11 septembre, lors d’une conférence de presse organisée par la CCI, le gouvernement et la province Sud ont promis d’étendre les aides aux commerces. Une étude présentée à cette occasion chiffre la baisse du budget d’achats par ménage à près de 20 % depuis 2018 dans le Grand Nouméa. Dans le même temps, l’Autorité de la concurrence a autorisé, sous conditions, la création d’un magasin maxi-discompte à Nouméa, et l’extension de 200 m² du magasin Korail de Païta.

Les deux mouvements ne se contredisent pas. Avec un pouvoir d’achat qui recule, une partie du commerce ferme, pendant qu’une autre se repositionne, notamment sur le prix. Rien dans les données du mois ne signale une reprise de la consommation : les recrutements de vendeurs ressemblent davantage à une rotation du secteur.

Nickel : l’usine du Sud sans repreneur

Mi-septembre, la présidente de la province Sud a annoncé que New Battery Metals, seul candidat à la reprise de Prony Resources, renonçait à déposer une nouvelle offre. Le 16 septembre, l’État a accordé un nouveau prêt à l’usine du Sud, sans en préciser le montant, pour lui permettre de continuer à acheter du soufre, dont le prix s’est envolé. Plus tôt dans le mois, le président de la République avait indiqué aux élus calédoniens ne pas souhaiter d’investissements chinois dans le nickel.

Le secteur reste donc sous perfusion de l’État, sans solution industrielle à court terme. Le membre du gouvernement chargé des mines et de l’énergie, Alcide Ponga, a par ailleurs ouvert un dialogue avec les communes minières et les autorités coutumières.

Tourisme : la destination reprend de la visibilité

Le tourisme confirme le redémarrage observé en août. La Nouvelle-Calédonie figure à la 27e place du classement Best in Travel 2027 du Lonely Planet, publié fin septembre. Fiji Airways relance des vols directs entre les Fidji et la Nouvelle-Calédonie, avec plus de 10 000 sièges par an. Et l’État et Atout France doivent présenter le 1er octobre, lors du premier sommet Choose Outre-mer, un plan d’environ 418 millions de francs (3,5 millions d’euros) jusqu’en 2030, qui doit financer 45 projets et privilégier la valeur sur le volume.

La desserte intérieure reste le point faible. Les discussions sur le blocage des aérodromes des îles Loyauté piétinaient encore le 17 septembre.

Les autres signaux du mois

  • Immobilier : la province Sud a prévu jusqu’à 20,7 milliards de francs entre 2026 et 2035 pour les ZAC de Dumbéa-sur-Mer et de Panda, dont le financement est grippé par l’effondrement des ventes de terrains.
  • Formation : la ministre des Outre-mer a retenu la ZAC Panda, à Dumbéa, pour une quatrième compagnie du RSMA d’ici 2030. Le 21 septembre, la Chambre territoriale des comptes a jugé la formation professionnelle des jeunes éloignés de l’emploi d’une « efficacité partielle », avec des crédits divisés par deux en dix ans.
  • Mobilité : l’Australie travaille à intégrer la Nouvelle-Calédonie à Palm, son programme de mobilité des travailleurs du Pacifique.
  • Climat : les feux de Koumac ont parcouru plus de 1 700 hectares et déclenché le plan Orsec de niveau 2. Face à la sécheresse annoncée avec El Niño, l’Agence rurale a revu son plan de soutien aux exploitants, doté de 110 millions de francs.
  • Prix : selon l’ISEE, les prix ont baissé de 0,3 % en août, portés par l’énergie (-4,6 %), et progressent de 0,5 % sur un an.

La conclusion des données

En août, la reconstruction changeait d’échelle au moment où son financement devenait incertain. En septembre, ce financement est en grande partie assuré pour 2027, et l’économie publique se met en ordre : comptes régularisés, contrats renouvelés, plans pluriannuels.

L’économie marchande, elle, se recompose plus qu’elle ne repart. Le commerce recrute et ferme en même temps, le nickel attend un repreneur, et le tourisme reste le seul secteur où plusieurs signaux indépendants vont dans le même sens.

Ce que ça change

  • Pour les prestataires de services : la saison des renouvellements est ouverte. Entretien, restauration collective, transport scolaire, collecte des déchets et assurances : les contrats 2027 se jouent maintenant, souvent pour plusieurs années.
  • Pour les entreprises du BTP : le carnet reste alimenté par les ouvrages d’art, les routes et la rénovation des équipements publics. Les attributions du collège de Boulari montrent qu’un gros marché peut se répartir en nombreux lots : 16 lots, 16 entreprises différentes.
  • Pour les commerçants : les aides promises par le gouvernement et la province Sud sont à suivre de près. La concurrence par les prix s’intensifie, avec de nouvelles surfaces autorisées dans le Grand Nouméa.
  • Pour les recruteurs et les candidats : la santé, l’administration et désormais le commerce concentrent les offres. Le privé reste minoritaire : 48 offres pour 38 entreprises, sur les 208 offres dont l’employeur est identifié.
  • Pour les acteurs du tourisme : le plan État-Atout France et le classement Lonely Planet ouvrent une fenêtre de visibilité. Elle se jouera sur la qualité de l’offre, pas sur le volume.

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